Kauffmann_Portrait du docteur Auguste Tissot

Angelika Kauffmann (Coire, 1741 - Rome, 1807)
Portrait du docteur Auguste Tissot, février 1783
Huile sur toile, 94,6 x 79,7 cm
Acquisition avec de nombreux concours, 1928
Inv. 763
© Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Célébré par Voltaire qu’il soigne, en correspondance régulière avec Rousseau, le médecin vaudois Samuel-Auguste Tissot se fait remarquer dès 1752 par une intervention contre une épidémie de variole qui le fait surnommer le médecin des pauvres. Il publie plusieurs traités notamment L'Inoculation justifiée (1754), L'Onanisme (1758) et L'Avis au peuple sur sa santé (1761). Malgré de nombreuses sollicitations, il demeure à Lausanne, à l'exception d'un long séjour en Italie de 1781 à 1784, durant lequel il accepte d'enseigner à l'Université de Pavie sur l'invitation de l'empereur Joseph II. C'est à cette occasion qu'il se fait portraiturer par l’artiste d’origine suisse Angelika Kauffmann.

Lors de son premier séjour en Italie au début des années 1760, Kauffmann avait subi l'influence de peintres tels que Pompeo Batoni, précurseur du néo-classicisme, et elle s’était forgée rapidement une réputation de portraitiste talentueuse. De retour en Italie vingt ans plus tard après un long séjour à Londres où elle est un des membres fondateurs de la Royal Academy en 1768, l’artiste travaille à Venise, puis à Naples et à Rome. Son langage manifeste alors un adoucissement et un caractère plus onctueux que l'on relève dans ce portrait. La composition évacue le langage des attributs en faveur d’une approche intimiste et sensible : pas de colonnade ouvrant sur des jardins, pas de buste antique. Un simple rai de lumière qui, passant du front du médecin à la page sur laquelle s’est arrêtée sa plume, suffit à signifier sa qualité de grand intellectuel.

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Bibliographie

Divers auteurs

Entre Rome et Paris. Œuvres inédites du XIVe au XIXe siècle

Les Cahiers du Musée des Beaux-Arts de Lausanne n°4, 1996.

Frédéric Elsig

Peintures des écoles du Nord (XVIe-XVIIIe siècles)

Les Cahiers du Musée des Beaux-Arts de Lausanne n°16, 2007.

Bettina Baumgärtel

Angelika Kauffmann

Ostfildern, G. Hatje, 1998.