Keiserman_Le tombeau de Plautius sur la route de Tivoli

François Keiserman (Yverdon, 1765 - Rome, 1833)
Le tombeau de Plautius sur la route de Tivoli, 1793
Aquarelle, crayon et graphite sur papier gaufré (deux feuilles), 80,5 x 59 cm
Inv. 1586
© Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne
 

Situé sur la via Tiburtina, le mausolée des Plautii est érigé par le sénateur Marcus Plautius Silvanus à la fin du Ier siècle avant Jésus-Christ. Avec le Ponte Lucano construit à la même époque pour franchir l’Anio, et une auberge du XVIème siècle en ruine, la grande tour cylindrique forme un ensemble pittoresque, station obligée des touristes romains en route vers Tivoli.

Le tombeau, avec son appareil de blocs de travertin dévorés par la végétation, ses nombreuses inscriptions funéraires et ses créneaux ajoutés au Moyen-Age, est fréquemment représenté par les védutistes dès le milieu du XVIIIe siècle. Le graveur Giovanni Battista Piranesi en donne deux représentations canoniques : l’une générale, dans ses Antiquités romaines (1756), qui insiste sur la grandeur et la décrépitude du monument, l’autre de détail, dans ses Vues de Rome (1748-1774), qui en cadre la face avant.

L’Yverdonnois Keiserman arrive à Rome en 1789. Son voyage est financé par le Vaudois Louis Ducros qui l’a engagé comme coloriste dans son atelier de gravures au trait aquarellées, alors en pleine expansion. Le jeune homme a l’occasion de s’instruire rapidement au contact des vues topographiques produites à la chaîne par son compatriote. Il a sans doute observé la grande aquarelle virtuose de son maître montrant le tombeau de Plautius, le pont et l’auberge sous un ciel immense avec les Apennins en arrière-fond (vers 1789, Musée des Beaux-Arts de Lausanne). Réputés pour leurs caractères difficiles, les deux hommes rompent en 1792. L’aquarelle de Keiserman est réalisée l’année suivante. Elle témoigne de l’influence de Ducros, dans la grandeur du format obtenu par le collage de deux feuilles, la technique et le coloris, la dramatisation du ciel, l’emprise du végétal, et le jeu des ombres sur les pierres de taille. Comme Piranèse, Keiserman choisit un cadrage serré sur une des faces du monument.

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Bibliographie

William Hauptman

Peindre l'Italie. Keiserman et Knébel : deux Vaudois à Rome vers 1800

cat. exp. Lausanne, Musée historique de Lausanne, 2005.

Rébecca Mex

Les œuvres de Keiserman conservées dans la collection Knébel du Château de La Sarraz

Université de Lausanne, mémoire de licence non publié, 1993.

Doris Agassiz

«François Keiserman, un paysagiste à Rome 1765 - 1833»

in Revue historique vaudoise, mars-avril 1930, p. 64-89.