Balkenhol_Phoque I et II

Stephan Balkenhol (Fritzlar, 1957)
Phoque I et II, 1989
Bois sculpté et peint, 143 x 57 x 57 cm
Acquisition, 1990
Inv. 1990-019, 1999-020
© Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Dès le début des années 1980, Balkenhol s’attelle avec grand succès à une tâche apparemment anachronique: à une époque où règne en Allemagne le minimalisme d’un Ulrich Rückriem, poursuivre le renouvellement d’intérêt pour la tradition nationale de la sculpture figurative sur bois, déjà revisitée avant lui par l’expressionnisme allemand. En deux (bas-reliefs) ou en trois dimensions, en pied ou en buste se multiplient alors les représentations de l’artiste lui-même, celles d’hommes et de femmes contemporains plus grands ou plus petits que nature, habillés ou nus, parfois déclinées en séries, et aussi celles d’animaux, dont ces deux joyeux phoques.

Socle et figure sont taillés dans une même bille de bois. Les traces de l’outil sont laissées apparentes: débitage grossier, coups de ciseau, copeaux pendants presque détachés. Balkenhol utilise de préférence des bois verts qui, en séchant, vont provoquer l’apparition ici ou là de fissures vouées à s’élargir avec le temps. Le thème de la nature domptée par le sculpteur se voit ainsi contredit par l’évolution libre du bois, matière vivante, non évidée au risque de faire éclater les sculptures au fil des ans. Comme la plupart des œuvres de Balkenhol, les Phoques sont peints (à l’exception du socle), évoquant aussi bien la statuaire religieuse polychromée du Moyen Âge que les jouets d’enfant, mêlant registres haut et bas. Le petit et le grand ballon rouges, placés à des hauteurs différentes, se détachent dans l’espace, faisant ironiquement référence à la sculpture abstraite. La partie de jonglage à laquelle s’adonnent les phoques est comme l’illustration ironique du projet global de Balkenhol qui se développe sur le fil du rasoir entre tradition et modernité, entre banalité et raffinement.

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Bibliographie

Divers auteurs

Stephan Balkenhol

cat. exp. Grenoble, Musée de Grenoble, Actes Sud, 2010.