François_Golden Cage II

Michel François (Saint-Trond, 1956)
Golden Cage II, 2009
Installation (structure métallique dorée à la feuille), 222 x 372 x 280 cm
Acquisition, 2009
Inv. 2009-015
© Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Le titre se réfère à l’expression «cage dorée» ou «prison dorée» : l’œuvre sera donc un objet paradoxal, contradictoire. L’historienne de l’art américaine Rosalind Krauss, dans son célèbre article «Grids» (1979), avait établi la grille comme l’un des principaux paradigmes de l’art moderne et un préliminaire à l’abstraction, la grille éliminant de l’art la littérature, la narrativité et le discours. L’artiste belge Michel François utilise cet emblème de la modernité tout en mettant en cause, par des choix matériels pertinents, son prétendu formalisme. Sa cage à lui «raconte» quelque chose, et elle devient même porteuse d’un «message».

La cage dorée de Michel François est inaccessible. Le spectateur peut voir dedans et même à travers, mais il en est exclu. L’espace délimité par les quatre grilles montées à angle droit crée un vide d’environ vingt-trois mètres carrés dans l’espace d’exposition. L’artiste ne propose pas une prison; il offre un espace à la vision spéculative. Or ce modèle d’un monde basé sur l’orthogonalité s’avère très incertain. Les dimensions des rectangles découpés sont calculées de manière à ce que la structure parvienne tout juste à assurer une stabilité minimale. De par la feuille d’or – qui n’adhère que partiellement à la structure – la cage ne gagne pas seulement en transparence, mais elle vibre de tous ses reflets et réagit au moindre courant d’air. Le dispositif-piège mis en place par l’artiste introduit les notions de territorialité et de richesse, et donc forcément d’inclusion/exclusion (spatiale, sociale) tout en démontrant la fragilité de tout système.

Revenir à la liste

Bibliographie

Divers auteurs

Hespérides

cat. exp. Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, 2009.

Divers auteurs

Michel François. Plans d’évasion

Roma publications, Smak Gent et IAC, Villeurbanne, 2010.