Hirschhorn_Swiss Army Knife

Thomas Hirschhorn (Berne, 1957)
Swiss Army Knife, 1998
Installation médias mixtes, volume env. 400-500 m2
Dépôt à long terme de la Fondation Walter A. Bechtler, Suisse
Inv. 2012-012
© Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

L'installation Swiss Army Knife a été produite pour l’exposition homonyme de  Hirschhorn à la Kunsthalle de Berne en 1998, dont elle a occupé tout le rez-de-chaussée. Formé de quinze « points de condensation », comme les appelle l’artiste, ou thèmes, le dispositif en apparence chaotique fonctionne comme les outils multifonctionnels du traditionnel couteau suisse, qui servent à couper, trouer, limer, mais aussi à réparer et dépanner.

Hirschhorn met ainsi quinze chapitres de l’histoire et de la culture suisse – dont l’armée, l’or nazi, l’horlogerie de luxe, la globalisation, l’art concret ou Ferdinand Hodler – à l’épreuve du couteau suisse, tantôt en égratignant et démontant ces mythes, tantôt en célébrant des outsiders incompris par le système suisse comme Robert Walser. A l’aide de matériaux pauvres, panneaux en bois, tables pliantes, tissu rouge, photocopies, carton, plastique, feuille d’aluminium, Hirschhorn pratique le « bricolage » à grande échelle, au service d’un travail dense, énergique, immédiatement efficace, sans hiérarchie, où tout est relié, et où les aspects formels découlent de l’urgence du message à délivrer. Le couteau suisse, symbole de la réussite helvétique au niveau mondial, finit par se retourner contre ceux qui l'on produit.

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Bibliographie

Lisa Lee & Hal Foster (éds.)

Critical laboratory: the writings of Thomas Hirschhorn

 Cambridge, Massachusetts, The MIT Press, 2013.

Bernard Fibicher (dir.) et alii

Thomas Hirschhorn. « Swiss Army Knife »

cat. exp. Berne, Kunsthalle, 1998, Berne, Kunsthalle, 1998.