Voyages imaginaires
Paul Delvaux, «Solitude», 1955. Huile sur panneau, 99,5 × 124 cm. Propriété de l’État belge, collection de la Fédération Wallonie - Bruxelles. Inv. 7806 © Paul Delvaux Foundation - St. Idesbald / 2021, ProLitteris, Zurich. Photo: Fédération Wallonie - Bruxelles

Voyages imaginaires
Train. Zug. Treno. Tren

 — 

Avec plus de 50 chefs-d’œuvre de Giorgio de Chirico à Edward Hopper et de Paul Delvaux à Leonor Fini, l’exposition nous embarque pour une épopée ferroviaire.

À la fois célébration de la modernité et critique de celle-ci, le chemin de fer, inséparable de l’idéologie du progrès conquérant à l’ère industrielle, génère des effets étonnamment incongrus dans l’imaginaire artistique. Les trains incarnent à la fois le rationalisme et l’irrationnel.

En faisant l’éloge de la vitesse et du mouvement des machines, les futuristes expriment une ardente passion pour le devenir des choses. Avec le surréalisme, si les catastrophes ferroviaires et les récits de voyage nourrissent des fantasmes noirs, le train révèle aussi un potentiel érotique et poétique, instrument propice à la manifestation du rêve éveillé et à l’émergence de métonymies et de métaphores visuelles. Dans l’art d’Edward Hopper et de Paul Delvaux, le train et la gare, vidés de leurs voyageurs, sont des lieux empreints de mystère et de solitude. Les gares ne sont pas celles des cheminots ni des voyageurs, ce sont celles du rêve et de l’illusion, de l’ennui et de la tristesse. Les trains n’ont ni horaires, ni passagers, ni destinations.

Bien que supplanté par l’avion et bientôt par la fusée dans le rêve collectif de la conquête de nouveaux espaces, le train ne disparaît pas pour autant de l’imaginaire des artistes de la seconde moitié du XXe siècle qui se réapproprient le train miniature, détournent ce jouet de l’enfance et lui font perdre son innocence.

Porte-étendard du monde moderne, le train vous lance une invitation aux voyages imaginaires.

Commissaire de l’exposition: Camille Lévêque-Claudet, conservateur