Espace Projet

Vue de l’exposition «Sophie Thun. Wet Rooms». Photo: MCBA, Étienne Malapert

Sophie Thun. Wet Rooms

14.3-10.8.2025

Commissariat: Pierre-Henri Foulon, conservateur, art contemporain, assisté d’Eleonora Del Duca, collaboratrice scientifique

Les superpositions photographiques de Sophie Thun (*1985) explorent les notions d’échelle et de trompe-l’œil. Issues d’interventions menées en chambre noire, elles témoignent d’un travail où le geste technique fait partie intégrante de la réflexion artistique. À l’occasion de sa première exposition monographique en Suisse, l’artiste a transformé l’Espace Projet en une vaste installation. Celle-ci réunissait des photogrammes et des tirages de grand format représentant des lieux qu’elle a précédemment investis. Leur agencement composait une archive en constante réactivation.

L’autoreprésentation occupe une place centrale dans sa démarche: Sophie Thun est à la fois productrice de l’image et sujet exposé. Elle renverse ainsi les rapports de pouvoir liés à l’histoire du nu féminin et aux codes de la pornographie. Cette affirmation passe aussi par une forme de disparition. Son corps, démultiplié, découpé et recomposé, apparaît à la fois partout et nulle part. L’exposition devient alors l’espace où coexistent les fragments d’une identité multiple.

Vue de l’exposition «Sophie Thun. Wet Rooms». Photo: MCBA, Étienne Malapert
Vue de l’exposition «Giulia Essyad. Other Planes». Photo: MCBA, Karim Kal

Giulia Essyad. Other Planes

12.9.2025-11.1.2026

Commissariat: Pierre-Henri Foulon, conservateur, art contemporain, assisté d’Eleonora Del Duca, collaboratrice scientifique

Lauréate du 9e Prix Gustave Buchet, Giulia Essyad (*1992) développe une pratique centrée sur l’autoportrait, qu’elle mobilise pour analyser les mécanismes de marchandisation du désir dans une société saturée d’images publicitaires. Inspirée par l’architecture des espaces transitionnels, elle a investi l’Espace Projet avec une installation immersive mêlant technologies DIY, images numériques et souvenirs personnels. Conçue comme une quête traversée par le sentiment du longing — entre nostalgie et aspiration —, l’exposition sondait les dimensions invisibles du corps (émotions, douleur, plaisir) et les stéréotypes qui les façonnent. En détournant l’esthétique commerciale des caissons lumineux, elle confrontait artificialité visuelle et profondeur spirituelle. De nouvelles œuvres jalonnaient un parcours aux ambiances contrastées qui mettaient en jeu le rapport contraint entre corps et architecture.

Vue de l’exposition «Giulia Essyad. Other Planes». Photo: MCBA, Karim Kal