Vue de l’exposition «Vallotton Forever. La rétrospective». Scénographie: © 2025 – Cécile Degos. Photo: MCBA, Étienne Malapert

Vallotton Forever. La rétrospective

24.10.2025-15.2.2026
1er et 2e étages

Commissariat: Catherine Lepdor, conservatrice en chef, et Katia Poletti, conservatrice de la Fondation Félix Vallotton, Lausanne, assistées de Camille de Alencastro, collaboratrice scientifique

Lausanne, sa ville natale, inaugurait à l’automne la plus grande rétrospective jamais consacrée à Félix Vallotton (1865-1925), à l’occasion du centenaire de sa disparition. Réunis sur Plateforme 10, le MCBA, qui conserve une importante collection de ses œuvres, et la Fondation Félix Vallotton, centre de documentation et de recherches, proposaient une approche inédite de cet artiste à l’esprit lucide et critique, et à l’humour incisif.

Sur quelque 1400 m2, l’exposition offrait un parcours chronologique et thématique et, pour la première fois, réunissait toutes les facettes de Vallotton: le peintre, le graveur, l’illustrateur de livres et le dessinateur de presse. Issues de collections suisses et européennes, 270 œuvres invitaient à (re)découvrir cet acteur majeur de la modernité.

La scénographie de Cécile Degos créait des atmosphères fortement contrastées. Au 1er étage, des espaces intimistes et colorés, inspirés des appartements parisiens de la fin du XIXe siècle, accueillaient les efforts déployés par le jeune Vallotton pour s’imposer à Paris: ses débuts au Salon officiel; sa percée en tant que graveur sur bois; ses dessins de presse témoignant de son engagement politique, et ses illustrations de livres; enfin, ses célèbres peintures de scènes d’intérieur. Dès 1893, Vallotton s’inscrit dans les avant-gardes postimpressionnistes, au sein du groupe des Nabis; il se fait connaître par l’acuité de son observation de la vie parisienne, des foules et de la vie du couple.

Au 2e étage, dans la blancheur de salles lumineuses, on voyait s’accomplir la révolution qui s’opère lorsque, créant la surprise en 1905, l’artiste se consacre à la peinture seule et rejoint les courants réalistes. Jusqu’à sa mort, vingt ans plus tard, il œuvre en toute indépendance, à l’écart des courants modernistes. Ses formats s’agrandissent et ses sujets revisitent les genres traditionnels: nus, portraits, paysages, natures mortes et peintures d’histoire. Son dialogue avec les maîtres du passé, ses compositions mûrement réfléchies et ses couleurs éclatantes imaginent l’avenir d’une peinture figurative alors en crise.

Vue de l’exposition «Vallotton Forever. La rétrospective». Scénographie: © 2025 – Cécile Degos. Photo: MCBA, Étienne Malapert