Tarik Hayward. Indian Inkjet

En parallèle de son exposition, l’artiste a réalisé une publication dont le processus de fabrication prend le contre-pied du «prêt à utiliser / prêt à jeter» qui caractérise notre société de consommation. Consistant en scans de briques utilisées par l’artiste pour construire sa maison à la Vallée de Joux – traces indicielles à la fois d’un objet (la brique) et d’un processus (la construction) –, chaque exemplaire du livre était un objet unique produit par la petite imprimerie alternative mise en place dans l’atelier. Grâce à des logiciels pirate, l’artiste a détourné des imprimantes de leur obsolescence programmée, les alimentant par des bidons d’encre plutôt que des cartouches, et, à l’aide de tuyaux, en éjectant l’excédent vers l’extérieur. L’imprimante devenait ainsi une sorte d’organisme sous perfusion, recevant des fluides, les digérant, en recrachant les éléments superflus, au service de l’artiste transformé pour l’occasion en démiurge autarcique.

Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne, et Oraibi Books, Genève, 2017.

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