Renée Green
Space Poem #2 (Endless Dreams Triptych), 2009

  • Renée Green (Cleveland, 1959)
  • Space Poem #2 (Endless Dreams Triptych), 2009
  • 33 bannières imprimées en tissu de couleur, 106,7 x 81,3 cm chacune , 3 vidéos (Endless Dreams and Water Between, couleur, avec son, 74 min. ; Excess, couleur, non sonore, 13 min. ; Stills, couleur, non sonore, 69 min.)
  • Acquisitions, 2018 et 2022
  • Inv. 2018-017, 2022-007, 2022-008 et 2022-009
  • © Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, Renée Green

Dans l’installation multimédia Endless Dreams and Water Between, Green explore la façon dont les désirs et les rêves se sont cristallisés autours des îles dans la littérature et l’histoire. Des bannières de couleur se déploient dans l’espace pour composer un poème, There Is No Land Yet, écrit par la poétesse américaine Laura Riding (1901-1991) alors qu’elle vivait sur l’île de Majorque au début des années 1930 avec l’écrivain britannique Robert Graves (1895-1985).

Le «récit» principal de la vidéo Endless Dreams and Water Between consiste en un échange épistolaire entre quatre personnages féminins fictifs qui pensent à voix haute à se réunir dans un lieu imaginaire appelé l’Institut de Septembre. Un hiver à Majorque de George Sand (1855) est le texte commun que les quatre voix commentent – un texte écrit alors que Sand passe l’hiver sur l’île avec ses enfants et Frédéric Chopin, traduit en anglais par Graves. Les récits littéraires se mêlent ainsi aux récits créés par Green, qui puise dans des archives très personnelles pour tisser des réseaux de sens, des « correspondances » entre des lieux et entre ses personnages de fiction. Le film voyage entre Manhattan et des méditations sur Majorque en tant qu’île au croisement des mondes européens et islamiques, succession d’images au rythme lent et poétique. Une attention particulière est portée aux détails de ces lieux situés entre terre et eau, aux flux et aux reflux de ces éléments qui sont à la fois des lieux réels et des lieux où notre imaginaire peut se projeter. Les voix qui se croisent parlent de rêves et de possibles à créer. À travers elles se pose la question fondamentale du rapport que nous entretenons avec les mots des autres, les mondes des autres, à l’histoire des lieux et aux habitant.e.s et voyageurs et voyageuses qui en ont créé les récits, aux multiples migrations qui les ont façonnés et dont la langue porte les traces. En contrepoint, deux vidéos non-sonores complètent l’installation: Stills présente des vues des lieux de tournage, et Excess fait défiler les sources de l’artiste – carnets de notes, cartes géographiques, ouvrages.

Exposé actuellement

La collection

Bibliographie

Mason Leaver-Yap (éd.), Renée Green: Inevitable Distances, cat. exp. Berlin, Institute for Contemporary Art, Berlin, Hatje Cantz, 2022.

Lisa Le Feuvre, Lia Gangitano, Betti-Sue Hertz, Renée Green. Endless Dreams and Time-Based Streams, cat. exp. San Francisco, Yerba Buena Center for the Arts, New York, DAP, Distributed Art Publishers, 2010.

Nicole Schweizer (éd.), Renée Green. Ongoing Becomings, cat. exp. Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, Zurich, JRP Ringier, 2009.