Christopher Füllemann
The Peeks and the Kiss, 2013

  • Christopher Füllemann (Lausanne, 1983)
  • The Peeks and the Kiss, 2013
  • Bois, tissu traité à l’époxy, mousse expansive, peinture acrylique et émail, roulettes, 317 x 175 x 100 cm
  • Acquisition de la Commission cantonale des activités culturelles, 2013
  • Inv. 2013-036
  • © Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Diplômé de l’École cantonale d’art de Lausanne et du San Francisco Art Institute, Füllemann poursuit un travail à l’intersection de la sculpture et de la performance. Des matières éphémères ou fragiles (cire, latex, miroir, tissu ou encore céramique) s’allient à des couleurs vives pour exister dans l’espace non comme des objets isolés, mais comme autant d’éléments d’un mouvement dont le spectateur est partie prenante.

Ainsi, pour l’exposition Forms and Lovers qu’il réalise au Musée en 2013, Füllemann crée une série de sept sculptures monumentales, parmi lesquelles The Peeks and the Kiss. Drapé sur une structure en bois couronnée de pointes et évoquant une échelle, un tissu orange aux plis soulignés de bleu a été figé en plein mouvement par l’artiste au moyen d’un traitement à la résine époxy. Sur un bras de la structure, une poignée métallique est placée à hauteur de main, tandis que la sculpture repose sur un socle muni de roulettes. Comme le formule l’artiste dans une note d’intention de 2012, l’idée est non seulement d’évoquer un possible toucher ou un potentiel mouvement de la sculpture, mais aussi de permettre au spectateur de l’activer véritablement : « L’aspect anthropomorphe de mes œuvres, évoqué tant par leur forme que par leur dimension, résulte d’une envie de voir ces collages tridimensionnels comme des performeurs. » Et de fait, The Peeks and the Kiss habite l’espace comme un danseur aux proportions monumentales. La dynamique entre l’immobilité et le mouvement, entre le corps des spectateurs et celui de la sculpture, entre l’espace occupé par l’œuvre et l’espace potentiel de son déplacement, est perceptible. Ne l’ancre à un endroit précis que le siège qui lui est associé, You and Me Both (Green and Purple), cube de couleur dans lequel s’emboîte une demi-lune sphérique à la Franz West. Mais si le travail de Füllemann revendique un héritage, c’est bien celui de l’« abstraction excentrique » d’une Eva Hesse ou d’un Bruce Nauman, entre visuel et tactile, conceptuel et sensuel, abstraction et figuration.

Exposé actuellement

La collection

Bibliographie

Daniel Morgenthaler, « Christopher Füllemann – Der Haken an der Skulptur », Kunstbulletin, no 7-8, juillet-août 2014, p. 108-109.

Katharina Holderegger Rossier, « Christopher Füllemann », Kunstbulletin, no 3, mars 2013, p. 63.