Tarik Hayward. Neutral Density<br>Prix du Jury d’Accrochage [Vaud 2016]

Tarik Hayward. Neutral Density
Prix du Jury d’Accrochage [Vaud 2016]

10.2 — 23.4.2017

Primé par le jury d’Accrochage [Vaud 2016], Tarik Hayward a investi une salle du musée pour son exposition Neutral Density, dans laquelle il a poursuivi ses recherches plastiques sur les matériaux produits par la modernité.

Si nombre de ses œuvres font usage d’éléments naturels – terre, bois, pierre – qui sont ensuite mis à l’épreuve de diverses transformations, d’autres projets font directement usage de déchets produits par l’action humaine. Entre bricolage «Do it yourself» et entreprise de récupération, entre ruine et restauration, entre pensée alternative et vision dystopique, Tarik Hayward crée des œuvres qui se réclament aussi bien de la sculpture minimaliste que de la performance, tout en évoquant l’Arte Povera ou l’architecture vernaculaire de par la nature des matériaux utilisés.

Pour son exposition, l’artiste a produit une série de sculptures constituées de deux plaques de verre dont l’interstice était rempli par des huiles usagées récupérées dans des restaurants, fast-foods, ateliers mécaniques et garages automobiles de la région lausannoise. Rebuts de la civilisation industrielle et simultanément fluides essentiels à son fonctionnement, les huiles sales ainsi soustraites à la circulation devenaient tableau, miroir, vitrine, aquarium, sorte de petit musée d’histoire naturelle de notre temps.

Publication

Tarik Hayward. Indian Inkjet

En parallèle de son exposition, l’artiste a réalisé une publication dont le processus de fabrication prend le contre-pied du «prêt à utiliser / prêt à jeter» qui caractérise notre société de consommation. Consistant en scans de briques utilisées par l’artiste pour construire sa maison à la Vallée de Joux – traces indicielles à la fois d’un objet (la brique) et d’un processus (la construction) –, chaque exemplaire du livre était un objet unique produit par la petite imprimerie alternative mise en place dans l’atelier. Grâce à des logiciels pirate, l’artiste a détourné des imprimantes de leur obsolescence programmée, les alimentant par des bidons d’encre plutôt que des cartouches, et, à l’aide de tuyaux, en éjectant l’excédent vers l’extérieur. L’imprimante devenait ainsi une sorte d’organisme sous perfusion, recevant des fluides, les digérant, en recrachant les éléments superflus, au service de l’artiste transformé pour l’occasion en démiurge autarcique.

Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne, et Oraibi Books, Genève, 2017.

CHF 60.-

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