François Diday
Le glacier du Rosenlaui, 1841

  • François Diday (Genève, 1802 - 1877)
  • Le glacier du Rosenlaui, 1841
  • Huile sur toile, 200 x 259 cm
  • Acquisition, 1842
  • Inv. 1079
  • © Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne

Formé à Genève à l’école de la Société des arts, puis à Paris dans l’atelier d’Antoine-Jean Gros, Diday expose régulièrement au Salon de Paris où il présente en 1841 cette monumentale Vue du glacier de Rosenland, dans le canton de Berne, en Suisse. Dans la capitale française, la peinture alpestre a tout pour séduire un jury qui demande aux exposants étrangers d’exhiber les particularismes de leurs écoles nationales, notamment la spécificité de leurs paysages. Elle rencontre aussi un franc succès auprès d’un public appelé bientôt à se muer en hordes de touristes.

Diday et son élève Alexandre Calame incarneront le renouvellement de la peinture de paysage suisse tout au long de la première moitié du XIXe siècle. Dès la fin des années 1820, ils se lancent à la conquête des hautes cimes et mettent au point une formule alliant réalisme et romantisme. À partir d’études réalisées sur le motif, des toiles de grandes dimensions conçues comme des décors de théâtre sont composées à l’atelier. Réunissant description topographique et frissons sublimes, elles orchestrent savamment les éléments d’une nature grandiose dont l’homme est tenu écarté : montagnes vertigineuses, nuages menaçants, arbres pliés ou déracinés, branches arrachées, torrents déchaînés et rochers parsemés de bouquetins.

Le peintre a affiché très tôt sa prédilection pour les paysages bernois. Ici, il installe, au milieu d’une composition pyramidale, le sommet du Wellenhorn qu’encadrent des sapins. Autres artifices du paysage classique, l’utilisation des contrastes du clair-obscur dans la succession des plans, et les coups de projecteur sur la neige et l’écume des eaux.

Au Salon de 1840, le roi Louis-Philippe acquiert Soir dans la vallée, Oberland bernois (détruit) de Diday. L’année suivante, lui emboîtant le pas, le canton de Vaud réserve ce Glacier du Rosenlaui pour son Musée des beaux-arts.

Bibliographie

Alfred Schreiber-Favre, François Diday, Genève, Alexandre Jullien, 1942.

Beat Stutzer, Der romantische Blick, das Bild der Alpen im 18. und 19. Jahrhundert, cat. exp. Coire, Bündner Kunstmuseum, 2001.